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 Midnight Movies ~ PV Aidan Johnson

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MessageSujet: Midnight Movies ~ PV Aidan Johnson   Ven 2 Fév - 22:06

A perte de vue, la vapeur argentée des nuages enroulait ses volutes illuminées d'astres. A la faveur du froid ambiant, une minuscule particule pâle finit par s'en détacher : un flocon infime, qui commença lentement à chuter vers les profondeurs, vaste carte noire où la ville étincelante étendait ses tentacules de feu à travers la campagne. Il tourbillonna dans le vent, échappa à l'impact avec un oiseau égaré, et finalement, entama sa course vers une rue calme, où un promeneur errait comme lui, emporté par la brise du destin. Pas un ouragan, pas une mer d'huile, une simple brise, un destin classique. Le promeneur leva la tête, et, mû par une soudaine envie puérile, tira la langue. Le flocon s'y posa.

Noah, sa longue mèche flottante en balancier devant son visage, son pull irlandais à col roulé remonté en plis sombres autour de son visage mal rasé, sortait de quelques jours de grippe. Une lueur fiévreuse animait encore son regard aux teintes de caramel. Il n'avait pas pu se rendre au lycée, il n'avait pas chassé non plus, pas mangé de façon générale... et à l'instant, il n'avait rien vu de toute cette scène. Il était resté parfaitement immobile, les mains posées sur les accoudoirs de son siège pourpre, les yeux fermés. Il s'était perdu dans la musique. Mais quand il rouvrit les yeux et vit le film débuter, il admira avec quelle perfection le générique lui avait raconté toutes les émotions de cette petite particule de neige, et à quel point cette ouverture était appropriée pour un film qui raconterait, avec poésie et attendrissement, l'errance de ce promeneur qui se continuait. Décidément, quand ces maudits humains se mêlaient d'être des artistes, ils ne faisaient pas les choses à moitié.

A ses côtés, une femme d'âge mur venue seule et qui prenait des notes, une critique de cinéma, peut-être, attirait légèrement son attention. Oui, pourquoi pas elle : elle l'avait regardé à la dérobée plusieurs fois, ce serait facile... Il lui parlerait à la sortie. Elle serait charmée. Il serait patient. Elle serait imprudente. Il serait impitoyable. Elle disparaîtrait à jamais. Et son père serait fier de lui. Et sa mère aurait de quoi manger. L'histoire était aussi simple que ça, une histoire vieille comme l'aube des temps.

On n'en faisait pas, des films aussi simples. Il y avait toujours un élément perturbateur... Un héros. Une brèche dans la perfection, dans la muraille qui séparait le monstre des hommes, et un courageux Thésée pour y glisser un regard, puis se lancer, l'épée à la main : forcer les deux mondes à fusionner dans un combat épique. Dans le film de ce soir, ce serait l'amour... Evidemment, ce serait l'amour. Ces braves moutons de Panurge ne s'en lassaient pas, de ce motif-là ! Servi à toutes les sauces, comme un plat prestigieux, et dévoré avec appétit, sans un regard à la liste des ingrédients. Personne dans cette salle ne savait peut-être ce qu'était vraiment l'amour.

Lui, il le savait. Cela avait un goût de fer, la même couleur pourpre que ces sièges, le même brillant que ces images oniriques à l'écran. Et cela, comme la musique, pouvait donner pendant quelques secondes l'illusion d'être enfin rassasié. Avant le retour au vide. Il se sentait seul... Il savait, et il aurait préféré ne pas savoir. Etre comme tous les autres, comme ce personnage si charmant à l'écran, le jouet des illusions : un enfant dans leur berceau. Lorsque l'inévitable scène de sexe et de grands serments débuta, il détourna les yeux, et se contenta d'écouter les violons.

Quand le film se termina, il attendit que la femme au carnet quitte la salle pour lui emboîter le pas, la tête dans les nuages du film où il aurait voulu rester prisonnier, mais les pieds sur terre, sur le sentier de la chasse. Une ombre le suivait. Pas la sienne. L'ombre de la vie qu'il aurait pu vivre en ce moment, s'il avait fait un autre choix. Mais il ne regardait jamais en arrière, ce qui lui évitait de croiser le regard de cette ombre. Ses mocassins en cuir de daim filaient en silence sur le tapis du cinéma. Il allait la saisir... Personne ce soir ne surgirait des nuages, en robe de neige et en brandissant l'épée de feu, pour lui arracher sa proie.
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MessageSujet: Re: Midnight Movies ~ PV Aidan Johnson   Dim 11 Fév - 22:30

Aidan rentrait tout de juste d’un de ses rendez-vous. Une sorte de refuge accueillant les sans-abri. Leur fournissant un toit pour la nuit ainsi que qu’à boire et de la nourriture. Normalement, ce type de centre était censé enregistrer les noms de tous ceux venant passés une nuit chez eux, en particulier les nouveaux venues dans cette ville. Il devait aussi avertir si un incident se passait ou s’il avait surpris quelque chose de louche. Bien sûr, il n’était pas dans l’obligation de se déplacer pour recueillir ce type d’information, maintenant tout se faisait par mail ou par téléphone. Cependant, dans la mesure où il a le temps il préfère se déplacer par lui-même. Voilà donc l’objet de sa dernière visite du jour. L’heure était tardive, comme le montrait les quelques étoiles dans le ciel. Il comptait rentrait dans son bureau où l’attendait un peu de paperasse. Sur son chemin, il passa devant le cinéma. Cela faisait un moment qu’il n’y était pas allé et soudain la perspective de passer la soirée en se détendant avec un bon film lui semblait bien plus distrayante qu’une pile de dossiers. Et puis, c’est vrai qu’il avait des obligations, mais ce détendre un peu ne serait-ce qu’un soir ne serait pas bien grave.

La procédure voudrait qu’il ne s’y rende pas seul, mais bon. A l’heure qu’il était la salle serait déjà dans le noir, personne ne remarquerait sa présence et puis il garderait l’oeil tout de même au cas où. Mais à peine fut-il installé qu’il aperçut le tatouage ou plutôt la rune qu’il s’était faite sur le poignet gauche, clignoté deux fois. Celui-ci était censé lui signaler s’il y avait une créature dangereuse dans les parages. Il avait plusieurs runes de ce genre et d’autres plus complexe sur le corps pour se protéger. Il était sorcier après tout et les sorts de protection sont de plus la spécialité de sa famille. Il soupira, tout en réfléchissant. C’était sûr qu’il devait y avoir une espèce dangereuse ici, mais cela ne voulait rien dire. Ces espèces ont beau être fichées, certaines mènent pourtant une vie tout à fait normale. Voilà pourquoi il n’avait pas ordonné que l’on élimine toutes ces espèces, mais qu’on les surveille très étroitement. Les éliminer serait de la barbarie pure et dure. Il avait promit un havre de paix et de sécurité pour quiconque suivrait ses règles. Tant qu’on jouait le jeu, il n’avait raison de se montrer agressif. Reste à savoir si celui-ci respectait les règles et puis aussi rien que pour sa conscience personnelle, il ne pouvait pas partir ainsi sans suivre cette créature, histoire de voir ce qu’elle va faire. Cela ne fait pas de mal après tout.  

Alors que le générique s’affichait, il plaça son autre main sur son poignet et récita une incantation pour parvenir à localiser précisément l’individu en question. Une fois cela fait, il sortit du cinéma. Il avait maintenant l’individu en visuel. Un jeune homme d’une vingtaine d’années. Ce qu’il n’aimait pas c’est que cet individu semblait suivre une femme. L’aborder pour lui demander son chemin ou du feu serait inutile, car trop temporaire. Il existait aussi une possibilité assez grande pour qu’il le reconnaisse et donc il serait bien ridicule que le maire ne connaisse pas sa propre ville. Il choisit d’accélérer le pas pour volontairement lui rentrer dedans. Il improviserait ensuite la discussion. Il le percuta donc assez violemment puis se confondit en excuse.

«Oh, excusez-moi, je suis vraiment désolé, j’étais dans mes pensées je ne vous avais pas vu. Tout vas bien ?»

Il prit un temps, lui laissant le temps de se redresser et de reprendre ses esprits. Maintenant qu’il était en face de lui, il avait la certitude qu’il faisait partie d’une des espèces dangereuses. Lui et son personnel avait justement eu une réunion à ce sujet, donc son visage ne lui était pas inconnu. C’était ce matin alors il était sûr de ne pas se tromper.

«Vous étiez au cinéma vous aussi ? Joli film non ? Cela fait bien longtemps que n’y était pas mal et je ne suis pas déçu d’avoir fait le déplacement. Et vous, comment l’avez-vous trouvé ?»

Il espérait ainsi lançait la conversation, histoire de permettre à la potentielle victime de s’échapper.

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I WAKING UP, I FEEL IT IN MY BONES. WELCOME TO THE NEW AGE.


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MessageSujet: Re: Midnight Movies ~ PV Aidan Johnson   Lun 12 Fév - 17:22

Le jeune homme y était presque. Son coeur battait déjà plus vite, comme si la lutte s'était déjà engagée. Sa proie était juste devant lui. Il lui semblait, d'ailleurs, qu'elle avait ralenti le pas, en un élégant langage non verbal, pour l'inciter à se rapprocher et à la saisir. Telle la  bête qui se laisse distancer par la horde, lors de la poursuite finale, consciente que son heure est venue de restituer son énergie vitale au grand cycle sauvage de la nature. Il passa devant une affiche qui annonçait une rediffusion nostalgique des Dents de la Mer, et eut l'impression d'entendre la musique traditionnelle dans sa tête, ce qui lui donna un grand sourire presque enfantin. N'était-il pas amusant que cette scène se déroule dans un cinéma ? Soudain, dans un dérapage contrôlé sur le sol du hall, rendu humide par le passage de centaines de chaussures pleines de neige, une silhouette sortit de nulle part et le percuta. Il ne l'avait pas du tout vu venir. Cela le mit de très mauvaise humeur : il sentait le jugement de son père peser sur lui, même en son absence. Mauvais chasseur, maladroit, distrait. La différence entre un estomac plein et un estomac vide.

Il plongea ses yeux profondément noirs dans ceux, d'un bleu glacial et perçant, de celui qu'il identifiait comme un adversaire. Furieux de voir sa proie disparaître au coin de la rue, frappé au visage par l'air froid qui venait du dehors, il eut l'impression de se sentir dépossédé, mais une solution logique lui apparut aussitôt. Puisque ce stupide chevalier servant venait se placer sur son chemin, entre lui et sa cible, il endossait lui-même ce rôle ; il ne pourrait s'en prendre qu'à lui-même si les conséquences s'avéraient... dévorantes. Et comme il ne connaissait pas de meilleure méthode pour jouer un rôle que de le calquer sur une réalité intensément ressentie, il traduisit ce que son langage corporel révélait, sous une forme plus acceptable que "vous m'avez volé mon dîner, à vous de le remplacer" : "j'avais une touche ce soir, mais si c'est votre manière un peu brutale de me dire que j'en ai une avec vous, ça me va aussi." Son froncement de sourcils laissa la place à un sourire plus adulte alors qu'il parcourait d'un regard peu timide la physionomie de son interrupteur.

"Je ne vais pas vous mentir : moi qui ai les chevilles fragiles, je crois que vous m'avez fait un peu mal. Mais je ne vous en veux pas. Vous vous excusez déjà beaucoup trop, voyons. On dirait presque que je suis quelqu'un d'important."

Il veilla cependant à boiter, à partir de ce moment. Son bras se tendit, avec une petite moue d'excuse ; il avait ses clefs de voiture à la main, mais la place où il s'était garée se trouvait forcément trop loin pour quelqu'un qui avait la cheville endommagée. Il allait falloir que monsieur l'aide, à présent. C'était une façon de retourner contre l'inconnu l'arme qu'il avait employée ; sans savoir s'il l'avait fait exprès ou non, Noah comptait bien le traiter comme si ce qu'il ressentait comme une agression était volontaire. Il n'était jamais gêné d'être injuste, si ça lui donnait des forces. Il cherchait juste à déterminer s'il était face à une autre proie, ou face à un autre prédateur. Pour le retenir à ses côtés, il reprit la conversation sur un mode plus plaisant : "Je ne sais pas ce que vous en avez pensé, mais j'ai adoré la scène de flashback, dans l'intrigue secondaire. Les deux cosmonautes dans la capsule d'entraînement."

Il s'appuyait éhontément sur l'autre homme, en profitant largement de la situation pour entretenir avec lui un contact physique permanent, comme aurait pu le faire un ado à la fois attiré et légèrement intimidé, pour se coller sans en avoir l'air contre quelqu'un qui lui plaît. S'il l'avait pu, clairement il l'aurait entraîné dans un train fantôme, pour le plaisir d'avoir peur et de se jeter dans ses bras musclés. Il en avait presque déjà l'eau à la bouche... Ses crocs prêts à se déployer chatouillaient le voile de son palais, indiscernables par tout autre que par lui-même. Mais il n'y avait pas de manège à proximité, il ne disposait que d'un petit trajet à pied au long du bâtiment. Inventif, le chasseur exploitait toutes les ressources de son environnement à leur plein potentiel. Il remplaçait la peur par l'émotion, puisqu'on lui en laissait la possibilité en évoquant le film. Et l'émotion était un domaine où il excellait. C'était son point fort au sein de la fratrie autrefois, et au sein de ce qui restait de la famille désormais. Il avait la fibre humaine, lui disait son père, avec un mélange de critique et d'étonnement admiratif. Un peu comme on discute avec un traqueur qui se met à la place des loups, qui vit parmi eux, et qui se montre virtuose au moment d'appuyer sur la gâchette. Qui fusionne avec la proie au besoin, pour au final ramener les plus belles peaux.

"C'était très bien dosé, au niveau du suspense, j'ai mis un moment à comprendre pourquoi l'apesanteur s'actionnait et se coupait à nouveau. J'étais dans la tête de l'acteur, qui s'accrochait de son mieux en regardant son camarade inconscient se faire soulever dans les airs et projeter contre le sol. Quand il a lâché son appui pour aller le saisir et l'entraîner vers le sas... j'avais les larmes aux yeux. J'ai cru qu'ils allaient mourir ensemble. Il était déjà mort, bien sûr, il avait eu le crâne brisé au premier impact. Mais le héros ne pouvait pas l'abandonner, et il a réussi à le traîner à l'extérieur. Très émouvant. Très humain."

Un passage très bref, un simple écho. Le personnage avait refait sa vie ; il l'appelait le héros, mais mis à part cette scène, ce n'était même pas une figure centrale. Lui, c'était ça qui l'avait marqué, sincèrement. Cette parenthèse hors du monde physique, dans la capsule isolée, et hors du monde de l'histoire, dans un passé révolu, avait aussi été une parenthèse hors du monde pour lui, car elle avait réussi à lui faire oublier qu'il était en chasse. Et il avait sincèrement les larmes aux yeux, même en rappelant ce moment qui avait été particulièrement intense, surtout sur le plan musical. Mais ça, il n'en parlait pas. Il ne voulait pas réellement se livrer. La musique, c'était presque un point faible chez lui.
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